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Eduquer au média Internet : message reçu !
L’intérêt
pour notre démarche est manifeste : le public que nous cherchions
à atteindre nous sollicite déjà pour des actions.
Le programme Educaunet peut entrer dans une nouvelle phase. Il va
s'implanter progressivement dans les centres éducatifs de
France et de Belgique. Parallèlement, il sera repris et adapté
dans plusieurs pays européens.
Depuis 16 mois, nous avons
constaté de la part des adultes beaucoup d'enthousiasme,
mais aussi des réserves sur les dangers d’Internet.
Si la première parade évoquée est souvent de
dresser des murs pour éviter tout risque, une éducation
critique au média qui tient compte de ses richesses et de
ses écueils rencontre un grand intérêt. L’idée
même qu’un jeune doive se confronter à Internet
et qu’un adulte l'accompagne dans ses découvertes,
provoque une prise de conscience.
Mais une nouvelle inquiétude
s’exprime : comment s’y prendre lorsque l’on est
parent, enseignant, éducateur ? Les adultes réclament
une méthode, des conseils, mais aussi des outils variés
abordant tous les aspects d’Internet, adaptés à
des âges et des contextes d’utilisation différents.
Lors de la 23e université
d’été de la communication qui a eu lieu en France
fin août 2002, nous avons présenté Educaunet
pour la première fois à un large public. De nombreuses
personnes nous ont dit leur souhait de l’implanter dans leurs
structures, qu’il s’agisse de collectivités locales,
d’associations d’éducation populaire et d’associations
familiales ou du système éducatif…
Cet intérêt confirme
celui que nous avions perçu du côté des médias,
lors des conférences de presse de mars 2002 en Belgique et
en France. Les journalistes semblent voir dans Educaunet une nouvelle
manière de prendre en compte les « dangers d’Internet
». Le chantier va se poursuivre dans les deux ans à
venir, avec la dissémination de cette démarche en
France et en Belgique à travers des programmes de formation
dans les centres éducatifs, et son adaptation dans cinq autres
pays européens. Ce projet a de nouveau été
retenu par la Commission européenne dans la suite du programme
Safer Internet.
Les seize mois d’expérimentation
nous l’ont montré : obtenir des résultats sur
le comportement des jeunes demande du temps. La mise à disposition
d’outils éducatifs, aussi performants soientils, doit
s’accompagner de formations pour faire évoluer représentations
et pratiques. Les actions de visibilité organisées
à l’occasion de manifestations relayées par
la presse (Fête de l’Internet,Netd@ys…) seront
alors autant d’occasions de sensibiliser un public large.
Autre enseignement important
: il faut autant que possible associer dans ces formations parents,
enseignants et éducateurs. Chacun peut ainsi aborder la question
des risques liés à l’usage d’Internet
par l’angle le plus pertinent pour lui, et construire des
parcours avec l’autre. Un tel dispositif, peu fréquent
dans des formations classiques, est possible avec Educaunet grâce
à l’implication des structures concernées dès
l’élaboration du programme, via les comités
d’accompagnement.
La formation sera donc dans
les mois à venir une des priorités des responsables
d’Educaunet. Des actions sont déjà engagées
en France et en Belgique, auprès des centres de formation
d’enseignants, des mouvements familiaux et de jeunesse. Grâce
à la démultiplication, nous espérons regrouper
localement des personnes ressources pour les trois publics destinataires
: enseignants, parents et éducateurs en milieu ouvert, avec
pour perspective une implantation de la démarche sur le terrain
dans les mois qui suivent. Par exemple, une session de deux jours
se tiendra en janvier 2003 pour les formateurs des instituts universitaires
de formation des maîtres des régions Poitou et Bretagne.
Ces spécialistes ont déjà programmé
un dispositif de formation par paliers destiné à atteindre
les enseignants des écoles en 2003, puis du secondaire en
2004.
Notre choix initial consistait à
inventer et expérimenter une démarche éducative
dans un milieu culturellement et linguistiquement homogène,
d’où la décision de travailler en France et
en Belgique. Il s’agit maintenant pour nous de voir comment
les démarches et outils pourront être réappropriés
dans d’autres pays européens. Pendant les 20 prochains
mois, l’Autriche, le Danemark, la Grande-Bretagne, la Grèce
et le Portugal vont enrichir encore cette démarche. A terme,
nous comptons obtenir un ensemble d’activités validées
dans tous ces pays, qui pourrait jeter la base d’une approche
européenne d’éducation critique au média
Internet et à ses risques. Rendez-vous donc au fil des vingt
mois à venir. Bulletins électroniques et site Internet
continueront à vous tenir au courant des avancées
de notre travail.
Educaunet,
Bulletin électronique bilingue, n°4, septembre 2002,
p. 8.
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